
Une vingtaine de gravures de Julie Ouellet est réunie dans cette nouvelle exposition. Réalisées entre 2019 et 2021 lors d’une résidence à l’Atelier Circulaire, ces eaux-fortes ont été produites grâce à la bourse de recherche François-Xavier Marange, décernée par la Fondation de l’UQAM à l’artiste.
À travers ce corpus se manifeste un désir de s’écarter des normes et, plus largement, des conventions propres à la gravure. Un premier ensemble de ces œuvres avait été présenté dans le cadre de l’exposition « Ligne sous presse », à l’Atelier Circulaire. La présente exposition en constitue le deuxième volet.
En passant par les outils de la gravure, et plus particulièrement par le terrain de la taille-douce, Ouellet cherche à mettre à l’épreuve sa pratique du dessin. Par une approche instinctive, attentive au hasard et à l’accident, l’artiste soumet volontairement son geste à la pression. Il s’agit pour elle de provoquer un ressaisissement qui relance la pratique, la pousse à se dépasser et fait surgir l’étonnement — un état qui nourrit sa motivation dans le travail. Indocile, sa pratique se construit ainsi dans la tension entre maîtrise, imprévu et volonté de transgresser quelque peu les codes de la gravure. Ouellet demeure attentive à ce qui advient : les pistes se brouillent, les frontières s’effritent.